La sécurité d’un Ministre en danger
En juin 2005, je communique avec l’attachée politique du Ministre de l’environnement, M. Thomas J. Mulcair, afin d’obtenir un rendez-vous avec celui-ci. Son attachée politique me confirmait qu’elle étudierait la possibilité d’organiser un entretien avec lui en septembre et me reviendrait sous peu pour une confirmation. Vers la fin août, n’ayant obtenu aucune nouvelle de l’attachée politique, j’appelle à nouveau et je laisse un message dans sa boîte vocale.
Arrive septembre et toujours sans nouvelle, je relance mon appel mais il semble que plus personne ne voulait me parler : on m’a coupé la communication, on a raccroché la ligne à plusieurs reprises, on m’a mise en attente des dizaines de minutes avant de couper la ligne à nouveau. Toutes ces manœuvres cherchaient manifestement à décourager mes honnêtes tentatives pour avoir des réponses à mes questions. Puis, un jour, au lieu de me confirmer une date de rendez-vous comme on me l’avait laissé croire, on me menace de porter plainte. Permettez-moi de vous dire que cela a été très intimidant et angoissant de recevoir deux sergents détectives sur mon lieu de travail, soit disant que je mettais la sécurité du Ministre en danger.
Les conséquences
Afin de connaître l’ampleur des démarches du Ministre et des accusations dont je faisais l’objet j’ai demandé de connaître les détails de cette enquête par une demande d’accès à l’information. Ces détails m’ont été refusés par le Ministère de la Sécurité publique en invoquant les articles 28 et 29 de la Loi sur l’accès à l’information puisque ces renseignements pouvaient révéler des méthodes d’enquêtes ou un plan d’action. De plus, à la maison et à mon travail, nous avons été mis sur écoute. N’est-ce pas là de l’abus de pouvoir, de l’intimidation ? N’est-ce pas lâche de déployer tant de tactiques mesquines pour décourager les efforts d’une citoyenne soucieuse de la qualité de vie de son environnement et des siens ? Cela nous a causé un préjudice à ma famille et à moi, car nous avons vécu des mois d’enfer à imaginer ce qu’il pouvait m’arriver. Je déplore que toute cette histoire générée par le mégadépotoir de Lachenaie ait des répercussions de cette nature. Pendant des mois, nous avons vécu un stress intense et nous en subissons les effets même encore aujourd’hui.
Cour Supérieure 2006
Durant 35 jours à la Cour supérieure devant la juge Nicole Duval-Hesler, lors du procès opposant le Comité des citoyens de la Presqu’île - Lanaudière à BFI, au Ministère du Développement durable, de l’environnement et des parcs (MDDEP) et à celui du Ministère de la Santé et service sociaux (MSSS) et la Direction de la Santé publique de Lanaudière (DSPL) j’ai été fort étonnée d’apprendre que le promoteur BFI avait eu droit de regard sur le projet de Décret 89-2004 avant que ce dernier ne soit rendu public. Les lobbyistes de BFI ont été très convainquant auprès de notre gouvernement et de ses fonctionnaires pour avoir un tel privilège sur l’accès à ce décret.
Voilà pourquoi le gouvernement a repoussé du revers de la main le Rapport 177 du BAPE de 2003 qui soulignait la nécessité de faire des études et des analyses de risque sur la santé avant tout agrandissement du LET de BFI à Lachenaie et qui de plus concluait que ce projet était inacceptable.
Il y a lieu de s’inquiéter quand M. Thomas J. Mulcair, Ministre de l’environnement de l’époque déclarait publiquement à l'automne 2005, à l`émission de
M. Simon Durivage, qu’ « il ne resterait jamais à côté de ce mégadépotoir
Monsieur Mulcair y voyait-il ici un danger à sa santé?
A cette même émission, notre représentant du gouvernement nous confirmait que le mégadépotoir BFI fermerait en janvier 2009. Voir les détails de fermeture et post-fermeture du Décret 89-2004.
Notre gouvernement est-il crédible?
Est-il normal, aujourd’hui en 2008, que la population se retrouve une troisième fois à exprimer ses inquiétudes devant le BAPE pour une autre demande d’agrandissement ?
On m’a imposé ce mégadépotoir; je veux retrouver ma qualité de vie, mais les $$$$$$$ en ont décidé autrement.
BFI a détruit ma qualité de vie, ma santé, celle de mon mari et de mes enfants.
Quand nous nous sommes installés dans le secteur de la Presqu’île en 1983, les problèmes causés par BFI n’existaient pas. Ils sont apparus dans les années 90. C’est en 2003, que la problématique a augmenté de façon dramatique et anormale. Ce voisin indésirable, nous cause des désagréments incontrôlables. Notre qualité de vie en a été grandement affectée : nous sommes incommodés par des odeurs de biogaz (toxiques, reconnue cancérigène), des odeurs nauséabondes d’ordures, de la fiente de goélands, de la poussière, le bruit des camions qui nous empêche de dormir la nuit. Je ne peux plus profiter de mon environnement comme auparavant.
C’est aussi en 2006, lors du procès en Cour supérieure que nous apprenions que le 6 juin 2005, six patients du Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur (à 2km du LET) avaient été contaminés par le champignon « aspergillus fumigatus », dont un des patients en est décédé. Le rapport de l’Institut national de recherche scientifique Armand-Frappier mentionnait dans ses conclusions la possible contamination dû à la proximité du mégadépotoir. Malheureusement à ce jour, la Direction de Santé publique de Lanaudière informée de ce fait, ne juge pas nécessaire de procéder à des études et des analyses de risque demandées par les médecins.
Qui seront les prochaines victimes ?
Nous demeurons à proximité du mégadépotoir à moins de 1 km. Pourquoi le système immunitaire de mon mari s’est t-il affaibli depuis ces dernières années à tel point qu’il fut hospitalisé plusieurs semaines à l’été 2007 pour combattre trois bactéries?
Pourquoi mes enfants ont développé des problèmes de sinus? Nous ne le savons toujours pas puisque, aucunes étude ni analyse de risque sérieuses n’ont été faites par notre Ministère de la Santé.
Ce mégadépotoir détruit notre santé et notre vie, nous sommes ses cobayes.
Pourquoi devrions-nous abandonner notre patrimoine et le travail de toute une vie?
Devons-nous laisser les gros $$$ prendre le dessus sur notre santé?
Devons-nous déraciner nos familles?
Pourquoi le Gouvernement Charest nous abandonne-t-il?
Nous étions là bien avant, BFI doit cesser ses activités et nous redonner notre tranquillité.
Nous voulons vivre en santé et retrouver notre qualité de vie.
Au Gouvernement Charest de décider?
Nous laisser la vie, ou donner à BFI l’autorisation de continuer à détruire notre santé et notre qualité de vie.
Il est peut-être encore temps?
Manon Fortin
Citoyenne de Repentigny
Secteur (Le Gardeur)
Et des milliers de citoyens qui vivent
Dans les vents dominants