Riche de quarante ans de réalisation, dont les derniers 23 ans à Radio-Canada, Pascal Gélinas a tourné seul un documentaire en Indonésie, sur l’île de Florès. Ce film s’appelle LE PORTEUR D’EAU. Raconté par Jacques Languirand et rythmé par la musique de Jean Saint-Onge, le film nous révèle la vie des habitants catholiques et musulmans de l’île de Florès qui s’unissent pour s’approvisionner en eau potable. Le film démontre que la volonté, la débrouillardise et la fraternité peuvent réussir là où bien des programmes d’aide internationale se sont enlisés.
Portrait admirable d’hommes et de femmes qui réinventent leur démocratie, après
trente-deux ans de dictature, on y découvre aussi Gilles Raymond, qui est
littéralement «le porteur d’eau». Ce Québécois, au parcours inusité – il est
également romancier et essayiste – profondément engagé pendant vingt ans dans
les luttes régionales du Québec, démissionnait de son poste de coopérant en
2002 pour créer en Indonésie un nouveau modèle de développement qu’il a baptisé
«autonomie du territoire». Pour contrer la corruption, c’est la
population qui contrôle et vérifie les budgets de ce programme. Ainsi, après cinq ans de d’entraide bénévole, une cinquantaine de
villages ont déjà accès à l’eau
potable.